Séjour de répit

  • Objectif du séjour
  • Objectif du séjour

    • Signifier un arrêt d’agir
    • Inscrire la montée des actes dans la réalité en apportant une réponse rapide
    • Donner à chacun un espace de réflexion :
    • - Au jeune pour amorcer une prise de conscience, commencer à réfléchir sa vie autrement,

      - A ses parents pour qu'ils puissent, avec l'aide de l'ASE sortir de l'urgence et de l'angoisse que génère l'évolution récente du jeune.

      - Aux professionnels pour prendre le temps d'une nécessaire réflexion autour de la situation problématique du sujet, en utilisant les observations éducatives faites lors du séjour.
    • Mettre en œuvre une réparation symbolique des passages à l’acte
    • Inscrire un processus de revalorisation, et un sentiment d’utilité

Dans ces situations, la montée en puissance des actes dans une temporalité courte impose un départ à brève échéance, pour signifier une réponse positive mais ferme. Il s'agit d'éviter de passer en mode « urgence » ou exclusion définitive à brève échéance. Ces situations imposent donc une réactivité forte de l'ensemble des acteurs.

L'annonce du séjour peut apporter un début d'apaisement. Le jeune constate que sa difficulté a été prise en considération ainsi que la nécessité d'arrêter les agissements. Le jeune exprime toutefois la crainte d'un séjour « punition », au vu des actes posés, dont il prend seulement conscience parfois au moment de l'annonce du départ. Il importe que le caractère disciplinaire soit d'emblée écarté, seule la dimension éducative de réparation et d'une prise de conscience positive est ici visé. Nous rappelons que l’adhésion du jeune est la principale condition d'admission.

Les professionnels de l'ASE et les parents expriment que cette solution d'accompagnement leur permet de sortir d'un sentiment permanent d'urgence provoqué par l'accumulation quotidienne des actes et de prendre un temps de réflexion et d'élaboration. L'angoissant sentiment d'une fuite en avant collective est provisoirement stoppé. La prise de conscience par le jeune de ses difficultés permet souvent d'envisager un rebond positif au retour du séjour : chacun a pu réfléchir, en dehors de l'urgence, à l'après séjour. Celui-ci est le plus souvent itinérant, pour être le plus dépaysant possible. Sortir des réseaux relationnels défavorablement repérés est une exigence totale. La liste des zones géographiques à éviter, gares, villes, est donc souvent longue et contraint fortement l'organisation et le déroulement du séjour. Dans ces situations, la collaboration partenariale et l'échange réactif d'informations avant le séjour doit permettre d'élaborer les modalités de celui-ci dans les conditions optimales de cohérence avec le Projet pour l'Enfant.

Il semble pertinent de travailler à réduire le délai entre la demande et l’admission, qui doit toutefois être suffisant pour informer l'autorité parentale de la proposition éducative, de recueillir l'adhésion éclairée du jeune et de ses parents, et bâtir un projet de séjour. L'urgence provoquée par les troubles du comportement ne doit pas céder la place à une forme de précipitation de la réponse : ce séjour fait partie d’une stratégie éducative.

C'est l’accompagnateur qui dévoile au jeune la destination et le déroulé du séjour.

Cette modalité semble intéressante car elle oblige le jeune à interagir avec l’accompagnateur dans les premiers moments du séjour.

Le travail partenarial durant le séjour est essentiel pour éviter que le séjour ne soit qu'une parenthèse calme, bienvenue mais insuffisante et permette au contraire un rebond collectif.